"Pour moi, un vitrail est une partition transparente entre mon coeur et le coeur du monde. Le vitrail est exaltant, il lui faut de la gravité, de la passion. Il doit vivre à travers la lumière perçue."
Marc Chagall
Vitrail : Capdenac le haut
« Si j'avais eu la conscience suffisamment claire et les mots suffisamment nuancés pour l'exprimer, j'aurais aimé te dire que nous sommes là pour explorer, découvrir et partager ce qu'il y a de meilleur en nous… Cherche la beauté, la vérité, l'excellence en accueillant aussi ta fragilité, ta vulnérabilité et ton ombre, de sorte d'être à même d'accueillir celles des autres. » Tagore (1861-1941) ............................. Bienvenue sur mon blog, écrivez-moi sbcath@hotmail.com !
Vis dans ce monde
Comme
si c'était la maison de ton père.
Crois aux grains, à la terre,
à la mer.
Mais avant tout, crois en l'être humain.
Aime
le nuage, la machine, le livre.
Mais avant tout, aime l'être
humain.
Sens la tristesse de la branche qui se dessèche
De
la planète qui s'éteint,
De l'animal qui souffre.
Mais avant
tout, la tristesse de l'être humain.
Que tous les biens
terrestres
Te prodiguent la joie,
Que l'ombre et la clarté
Te
prodiguent la joie.
Que les quatre saisons te prodiguent la
joie.
Mais avant tout, que l'être humain te prodigue la
joie.
Nasim Hikmet (1901-1963)
Peinture : Leonard de Vinci, la Vierge au rocher, détail
" On ne peut contempler les grandes lignes des paysages, le calme des ombres et de la lumière, la large voûte du ciel, sans se conformer à la pensée sourde qui semble pénétrer toutes ces choses et les unir. Il suffit à l'âme qui veille et s'agite d'apercevoir la nature qui sommeille pour se rendormir à demi."
Hippolyte Taine (1828-1893)
"Marcher sur l'eau" la mer Baltique transfigurée, photo Klaus (Février 2026)
"Se mettre en marche signifie abandonner, faire confiance, quitter à chaque pas un équilibre éphémère. Entrer dans une incessante métamorphose du regard. Nous sommes des funambules dansant sur le fil du hasard, sans aucune certitude ni contrôle sur le monde, il ne nous reste guère qu’à nous confier à l’intelligence de la Vie. Partir à la découverte, avec pour seule provision l’énergie de l’attention et une confiance dans le sens du chemin"
Colette Poggi ( La Bhagavad Gîta ou l'art d'agir)
Cathédrale d'Autun, chapiteau XIIème siècle
"La première
question n'est nullement de savoir si nous sommes satisfaits de
nous-mêmes, mais s'il y a quelque chose dont nous sommes
satisfaits.
En admettant que nous disions "oui" à un
seul moment, nous avons par là dit "oui" non seulement à
nous-mêmes, mais à l'existence entière. Car rien n'est isolé, ni
en nous-mêmes, ni dans les choses : Et si notre âme a frémi de
bonheur et résonné comme les cordes d'une lyre, ne fût-ce qu'une
seule fois, toutes les éternités étaient nécessaires pour
provoquer cet événement, et, dans ce seul moment de notre
affirmation, toute éternité était approuvée, délivrée,
justifiée, affirmée."
Nietzsche (La volonté de puissance,
Le oui à l'existence toute entière.)
"Nous voulons la paix sans la guerre, la lumière sans l’obscurité, la plénitude sans le vide, le bonheur sans les peines. Nous devons perdre cette illusion et tenter de remonter à la source de notre être. Alors chaque aspect de notre vie deviendra éclairé par l’éclat de la conscience sans limite."
Swami Ishasevananda (radio gandharva Gana)
Il y a un feu souterrain qui couve dans la nature et jamais ne s'éteint, et dont aucun froid ne peut venir à bout... Même pendant le jour le plus froid, il se diffuse quelque part, et la neige fond autour de chaque arbre. Ce champs de seigle hivernal, qui a germé sur le tard à la fin de l'automne et qui, à présent, dissout rapidement la neige, se trouve à l'endroit où le feu n'est recouvert que d'une fine couche protectrice. Nous nous sentons réchauffés par lui...Quel feu pourrait jamais égaler le beau soleil d'un jour d'hiver, quand les campagnols sortent des anfractuosités du mur et que la mésange gazouille dans les défilés du bois ?...
Ce feu souterrain a son autel dans chaque poitrine humaine. En effet, par le jour le plus froid et sur la colline la plus exposée, le voyageur nourrit dans les plis de son manteau un feu encore plus chaud que celui qu'on allume dans chaque foyer."
Henry David Thoreau (1817-1862)
Peinture : Anton Mauve (1828-1862
Se focaliser trop sur une espèce est une erreur. Il faut mettre fin à notre arrogance, refuser les hiérarchies pour nous intégrer à ce grand tout de la forêt, dans une forme d'horizontalité."
Vincent Munier (Propose recueillis par Reporterre)
Photo extraite du film : Le chant des forêts
Il est des heures à part, des instants très mystérieusement privilégiés, où certaines contrées nous révèlent, en une intuition subite, leur âme, en quelque sorte leur essence propre, où nous en concevons une vision juste, unique et que des mois d’étude patiente ne sauraient plus ni compléter, ni même modifier.
Isabelle Eberhardt
Photo : Au bord du Rhin 2025
Craint-on la transformation ? Mais
sans transformation que peut il se produire? Qu'y a-t-il de plus cher
et de plus familier à la nature universelle?
Toi-même, peux-tu
prendre un bain chaud, si le bois ne subit aucune transformation?
Peux-tu te nourrir, si les aliments ne subissent aucune
transformation? Et quelle est celle des autres choses utiles qui peut
s'accomplir sans transformation ? Ne vois-tu donc pas que ta propre
transformation est un fait pareillement nécessaire à la nature
universelle ?
Marc-Aurèle (Le grand livre de la Sagesse)
"Toujours en nos rêveries, la maison est un grand berceau.
La maison est imaginée comme un être vertical, elle s'élève. Elle est un des appels à notre conscience de verticalité. La maison est imaginée comme un être concentré. Elle nous appelle à une conscience de centralité."
Gaston Bachelard, la poétique de l'espace, 1957
La nature est la plus grande des bibliothèques et elle est toujours ouverte...
Les arbres m'apprennent la discrétion. J'admire leur retenue, leur timidité. Aucune frondaison ne s'emmêle aux autres. Aucun tronc ne nuit à ses voisins. Les arbres ont l'infinie noblesse de ne pas se toucher. Chacun tire de la terre la force de se hisser au ciel, en silence.
Sylvain Tesson
À Kandersteg
Peinture : Van Gogh, Champs de blé sous un ciel d'orage, 1890
Soyez remercié, mon corps,
D’être ferme, rapide, et
frémissant encor
Au toucher des vents prompts ou des brises profondes ;
Et vous, mon torse droit et mes larges poumons,
De
respirer, au long des mers ou sur les monts,
L’air radieux et
vif qui baigne et mord les mondes...
(Photo : Einmeldingen, août 2025) Émile Verhaeren (La joie, Multiple Splendeur,1906)
"Le meilleur gouvernement est celui où il y a le moins d'hommes inutiles.
Le doute est un état mental désagréable, mais la certitude est ridicule.
L'art de gouverner consiste à prendre le plus d'argent possible à une catégorie de citoyens afin de le donner à une autre.
On n'a jamais fait croire des inepties aux hommes que pour les soumettre.
L'art de la médecine consiste à distraire le malade pendant que la nature le guérit.
Un jour, quelqu'un vint voir Socrate et lui dit :
- Écoute Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s'est
conduit.
- Arrête ! Interrompit l'homme sage. As tu passé ce que tu as à
me dire à travers les trois tamis ?
- Trois tamis ? dit l'autre, empli d'étonnement.
- Oui, mon bon ami : trois tamis. Examinons si ce que tu a as à me
dire peut passer par les trois tamis. Le premier est celui de la
Vérité. As tu vérifié si ce que tu as à me dire est vrai ?
- Non ; je l'ai entendu dire, et ...
- Bien, bien. Mais assurément, tu l'as fait passer à travers le
deuxième tamis. C'est celui de la Bonté. Ce que tu veux me dire,
si ce n'est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de
bon ?
Hésitant, l'autre répondit : « non, ce n'est pas quelque chose de
bon, au contraire... »
- Hum, dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis, et
voyons s'il est utile de me raconter ce que tu as à me dire ...
- Utile ? Pas vraiment, non.
- Eh bien, dit Socrate en souriant, si ce que tu as à me dire n'est
ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi,
je te conseille de l'oublier .